Vendredi à Wall Street : une fin de semaine sur une note de lourdeur
information fournie par Zonebourse 16/03/2026 à 07:15
Le Nasdaq-100 et le S&P 500 ont terminé tous deux en baisse de -0,6%, à respectivement 24 381 points et 6 632 points, et portant leur recul hebdomadaire à -1,3% et -1,6% : c'est le troisième repli hebdomadaire consécutif et, même s'il n'apparaît pas spectaculaire, cela suffit à compromettre des supports qui "tenaient" depuis fin novembre dernier. De surcroît, on voit clairement se dessiner un " rounding-top " caractéristique d'une fin de vague haussière à moyen ou long terme.
Sur le Dow Jones, qui ne s'est effrité que de 0,25% à 46 558 points, la structure sommitale s'apparente plutôt à une "tête/épaules", mais le pronostic n'est pas plus favorable avec la rupture de la "ligne de cou" - qui se confond avec la MM 100 vers 48 300 - survenue le jeudi 5 mars. Le "Dow" a terminé la semaine au contact de la MM 200, qui gravite vers 46 560 : elle n'avait plus été enfoncée depuis le 10 mars 2025, six semaines après une culmination sous 45 000 points.
Le délai est un peu plus court cette fois-ci puisqu'il n'aura fallu que quatre semaines, et le contexte s'avère beaucoup plus préoccupant si l'on considère la trajectoire des marchés de taux : ces derniers se détendaient début 2025 ; ils viennent de reprendre 33 points de base sur les T-Bonds en deux semaines (même écart sur les Bunds d'ailleurs).
La tension des taux accompagne la progression continue des cours pétroliers, qui reviennent à des plus hauts depuis l'été 2022 : il ne subsiste aucun espoir de voir Jerome Powell évoquer une baisse de taux, ni ce 18 mars, ni d'ici la fin de son mandat en mai.
Si le rendement des T-Bonds est un peu redescendu entre 13h30 et 14h45, c'est pour de mauvaises raisons : des chiffres de la croissance US ont été fortement revus à la baisse.
La seconde estimation du PIB américain du 4e trimestre a divisé par deux la première, de 1,4% à 0,7% (le consensus prévoyait un score inchangé à 1,4%) : d'un trimestre sur l'autre, la croissance est divisée par plus de six (de 4,4 à 0,7%).
Parmi les autres indicateurs du jour, l'indice de confiance des consommateurs calculé par l'Université du Michigan a reculé de 56,6 à 55,5 en mars, les ménages s'inquiétant de la remontée des prix de l'essence, ce qui ne laisse pas présager un rebond du PIB début 2026.
En d'autres circonstances, une telle déconfiture aurait pu ouvrir la porte à une prochaine baisse de taux de la Réserve fédérale, si les anticipations d'inflation n'étaient pas en train de repartir à la hausse avec la flambée du pétrole.
Pour résumer, c'est la pire des équations : ralentissement économique d'un côté, inflation de l'autre, le tout sur fond d'incertitude totale sur le front géopolitique, et la fâcheuse sensation que plus personne ne maîtrise les conditions (ou n'est capable d'imposer) la cessation du conflit au Moyen-Orient.
Le seul élément positif en cette veille de week-end était de nature technique : l'indice de volatilité VIX - connu sous le nom d'indice de la peur - a effacé 0,4% à 27,2, et donc 7% sur la semaine (le scénario inverse n'aurait étonné personne).
Ces considérations ont relégué au second plan l'autre "chiffre du jour" : l'indice des prix à la consommation des ménages (PCE) a augmenté de 0,4% en janvier, conformément aux prévisions, portant la hausse en rythme annuel à 3,1%, une donnée là aussi sans surprise.
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